François-Xavier Torre (Auteur)

" Vivre dans un monde qui n’existe

qu’à travers un imaginaire qui initialement

n’appartient qu’à l’auteur,

avant qu’il ne décide de le partager "


 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle François-Xavier Torre (nom d’auteur).

Je viens de la région parisienne, j’habite dans l’Yonne, et je bosse sur Paris dans un emploi de bureau.
Mon activité d’auteur se résume aux univers suivants : pièces de théâtre, scénarii, nouvelles, romans.

Quand et comment as-tu choppé le virus du théâtre ?

En tant qu’auteur ? dès que j’en ai fait, un an après mon premier job derrière un bureau. Je ne me voyais pas faire un métier de bureau toute ma vie. Il fallait que je trouve une soupape à la pression. Et le théâtre en tant que comédien amateur m’a offert cette perspective. Puis, l’écrit m’est venu à la fin de la première année (j’en ai fait cinq ans en amateur), alors qu’écrire n’était pas du tout mon activité première.

Qu’est-ce qui t’anime, en règle générale, dans l’écriture ?

Vivre dans un monde qui n’existe qu’à travers un imaginaire qui initialement n’appartient qu’à l’auteur, avant qu’il ne décide de le partager sous couvert d’une scène, ou d’une édition, sous une forme ou une autre. L’effet bulle me sort de l’ordinaire. À terme, cela en est devenu un besoin, comme boire, manger, dormir. Ça va au-delà de la catégorie « métier », même si ça reste du boulot, et que ça puise une énergie folle.

Poings de rupture un texte de François-Xavier Torre

Combien de pièces à ton actif ?

Écrites ou jouées ? Celles qui ont vu le jour sur des planches, quatre (un seul en scène, deux comédies, une comédie dramatique, un spectacle pour enfant). Une cinquième risque peut-être (si la Covid nous fait pas tous tourner en bourrique une nouvelle fois cette année) de prendre vie sur une scène Suisse cet été. J’ai aussi deux autres seuls en scène qui sont dans un projet d’être montés sur les deux années à venir, si tout se passe bien d’ici là…

Sinon, écrites, mon site, et les sites de références (Théâtrothèque/Le Proscenium), en offrent un panel assez large sur les univers dans lesquels j’évolue.

Qu’as-tu ressenti lorsque, pour la première fois, une de tes pièces a été créée sur scène ?

Je n’en sais rien. Je n’en ai vu aucune pour le moment. Problème de timing, de moments, de trajets. Mais, je ne perds pas espoir qu’un jour j’en verrai une, incognito très certainement.

Quel rapport entretiens-tu avec les troupes qui te jouent ?

Vos désirs font désordre, une pièce de François-Xavier Torre

De bons rapports. J’évite de les harceler. Je leur fous une paix royale. Faut leur faire confiance, sinon faut monter sa troupe, les monter soi-même avec sa propre vision scénique, et les jouer.
Faut savoir accepter de lâcher le texte, au risque d’être déçu parce qu’en tant qu'auteur on a une vision qui n’est pas forcément celle d’un metteur en scène, mais c’est le jeu. L’écrit théâtral n’est qu’une impulsion. En vérité, c’est un travail collectif. Le texte n’est qu’une amorce au vivant. Tant qu’on respecte le texte soumis, et la bible des personnages, le travail qui suit ne nous appartient pas. Il faut donc laisser faire, laisser agir, laisser créer.

Et avec les autres auteurs ?

Morts ou vivants ? Je passe ! Je plaisante. Tout dépend des égos. Certains sont plus supportables que d’autres (rires). Mais, chacun apporte son univers, et donc sa richesse. Ils ont tous une patte personnelle, une vision scénique, un style. Ils ont tous un apport indéniable à la culture.

Depuis 1 an maintenant que tous les théâtres de France ont baissé le rideau comment ça se passe ?

J’ai un boulot alimentaire, donc financièrement, ça n’a rien changé ! En ce qui concerne la création, en 2020, j’ai écrit quatre pièces dont une sur un personnage historique et une en alexandrin, ainsi que deux comédies.

Comment vois-tu l’avenir ?

Le théâtre n’est pas mort à cause d’un virus. Ca reprendra, comme à chaque fin de crises. Par contre, dans le secteur tout comme d’autres, va y avoir des « morts ». La crise économique, on en est qu’au début. L’État providence les a mis sous perfusion, mais quand il faudra payer la note… ça ne va pas être aussi simple. Et tous paieront.

Une (ou des) pièce(s) en préparation ?

Non. Pas en 2021. J’ai décidé de faire une pause côté théâtre, et m’orienter sur d’autres univers, dont un recueil de nouvelles fantastiques et un quatrième roman (polar).

Y’a-t-il un projet qui te tient à cœur et que tu aimerais pouvoir réaliser ?

Une pièce sur un philosophe. J’espère la commencer en 2022.

Si tu n’avais pas été « toi » auteur de pièces de théâtre, quel auteur de théâtre aurais-tu aimé être ? Pourquoi ?

Oups ! La liste est longue. Le premier qui me vient en tête, c’est Shakespeare (bien que la traduction hugolienne a certainement biaisé son style premier). Sinon, Rostand, Dubillard, Camus, Sartre, Hugo, Courteline, Labiche ; pour leurs univers respectifs, et parce que leurs écrits me parlent. Je m’y retrouve, non dans leur style, mais dans le propos.

Tu as expérimenté la co-écriture. Peux-tu nous en parler ? Qu'est-ce que cela t'a apporté ?

C’est le fruit du hasard, de rencontres, de mélange de genres et d’univers, de styles. Chacun apporte sa couleur, et on voit si le travail commun peut révéler quelque chose : une harmonie, une richesse, un nouveau style, et surtout une histoire qui tient la route.

C’est une expérience riche culturellement parlant, et qui nous révèle aussi en tant qu’auteur.

De façon générale, écrire est un travail solitaire ; on vit dans son monde, qui se construit d’histoires en histoires. Mais c’est une expérience à tenter. Je ne l’ai fait que très rarement, parce que je n’en suis pas friand non plus, bien que pour chacune de ces expériences, on pousse toujours un peu plus loin les difficultés…

Pour résumer en un mot, ce que je préfère dans la co-écriture, c’est de travailler en « cadavre exquis ». C’est un format qui m’amuse et révèle de façon souvent surprenante des chemins de traverse que l’écrit nous amène parfois, voir souvent, à emprunter…

Ding Dong Dominical de Torre et Lacroix

As-tu une anecdote croustillante à nous livrer ?

Sur l’écrit ? Que je ris souvent à mes conneries quand j’écris des comédies, et quand il m’arrive de le faire dans les transports en commun, les gens me regardent avec un drôle d’air, se demandant si je ne suis pas sorti d’un asile, et qu’il serait le temps de m’y remettre.

Enfin, peux-tu nous dire quel est ton proverbe ou ta citation de chevet ?

Une citation de Victor Hugo :

" Voyager c’est lire, lire c’est voyager

Pour aller plus loin...

Le site d'auteur de François-Xavier : 

 https://francoisxaviertorre.com




 

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.

Ajouter un commentaire

 

Date de dernière mise à jour : 19/03/2021

×